Treize... et au-delà

TREIZE... ET AU-DELÀ est un recueil de treize (plus deux !) nouvelles noires et fantastiques qui prennent racine au cœur de nos angoisses les plus profondes.

Qu’elle ait pour cadre l’atmosphère ambrée des silos à grain beaucerons, un hôpital ultra-moderne, un champ de « pierres levées » ou les ruines gothiques d'un château médiéval, chaque histoire est liée à une autre par un fil parfois ténu : un événement dramatique,un personnage emporté par le tourbillon de ses actes, un banal objet du quotidien.

D’aucuns prétendront que ces histoires appartiennent au domaine du mythe et du fantasme.

Et pourtant, en y réfléchissant bien... Une série de nouvelles qui va "au-delà" d'un simple recueil puisque sa structure en fait une sorte de roman à clés. De ces clés ouvrant parfois des portes qui devraient rester fermées ! » Treize de ces nouvelles ont été illustrées par le photographe drouais Willy Mérour qui apporte sa vision personnelle à chacune de ces histoires.

 

TREIZE... ET AU-DELÀ, par Éric Chesneau, photos Willy Mérour, ouvrage broché format in-8 (15 X 21 cm), publié par Ella-Éditions, 256 pages. N°ISBN: 978-2-36803-156-8.

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 TREIZE, L'EXTRAIT

 

Je me contentai de suivre, comme hypnotisé, la route en surbrillance indiquée par mon GPS. Des senteurs inconnues, à la fadeur venimeuse, me parvenaient à travers les vitres grandes ouvertes.

C’est à cet instant que je pénétrai dans le brouillard, une masse cotonneuse incongrue d’un gris sale, que je pris d’emblée pour la fumée non maîtrisée d’un agriculteur local occupé à brûler quelques déchets végétaux. Je remontai les vitres. En vain. Il ne s’agissait pas là des âcres émanations d’un quelconque bûcher mais bien d’une sorte de brume qui allait en s’épaississant. Je dus lever le pied, allumer les antibrouillards dont les feux se contentèrent de rebondir littéralement contre le mur blanc que je repoussais peu à peu.

- A 250 mètres, tournez à droite.

Les yeux collés au pare-brise, je tentais d’apercevoir, au-delà du capot, la route de traverse indiquée. Là, sur la droite, une trouée ! J’accompagnai le volant d’une main prudente. Le véhicule s’engagea sur une piste non goudronnée, guidée par les ornières abandonnées par de précédents véhicules.

- Roulez 300 mètres, puis tournez à gauche.

Depuis déjà quelques minutes, le GPS n’indiquait plus le nom des routes ou des lieux-dits que nous empruntions. Seule, la voie en surbrillance, sinueuse, improbable, imperturbable, étincelait au centre de l’écran. Nous sortîmes enfin du brouillard. L’éclat du jour m’aveugla un instant. Par réflexe, je réajustai le rétroviseur. Le paysage qu’il me renvoya était vierge de tout brouillard. Je cherchais en vain un lambeau cotonneux accroché à la voûte de ces arbres qui m’étaient restés jusqu’à présent invisibles et qui, à présent, paraissaient vouloir déchirer le velours bleu du ciel.

- Roulez 100 mètres et tournez à gauche, me rappela l’ordinateur de bord.

Je braquai. Le petit drapeau à damiers indiquant la destination à atteindre apparut en haut de l’écran. Je roulais encore quelques instants.

- Vous êtes arrivé à destination.

Il me sembla que le GPS insistait encore plus sur le « S » de destination.

Étonné, je tentais d’apercevoir ladite destination à travers le pare-brise. Je coupai le moteur et descendis. Une sente escarpée s’ouvrait à ma gauche. Je décidai de la suivre. Les chênes séculaires s’écartaient sur mon passage, laissant place peu à peu à des blocs de grès plantés çà et là, comme vomis des… Enfers ? Des vestiges de tables de pierres sans doute, ou de ces fameux polissoirs.

 

Une plainte me parvint, portée par les vents. Elle semblait provenir d’un assemblage incohérent de rocs gisant au sommet d’une sorte de tertre. Je soupçonnai un caprice géologique ou climatique, voire une combinaison des deux et m’approchai, courbé, piétinant entre les fougères roussies et l’éclat d’or des genêts. La plainte reprit, suivie d’une autre, et d’une autre encore. Je me mis à courir, glissant sur le sol meuble, puis à grimper sur le talus, me retenant aux aspérités minérales ou végétales et m’affalai finalement, ahanant, suant, tremblant, soufflant, contre un rocher de belle taille. Ce dernier dominait une cicatrice meurtrissant le sol sur une dizaine de mètres de long et deux ou trois de large. De mes doigts devenus griffes, d’une traction douloureuse qui me fit à mon tour pousser un cri, je me projetai au-dessus du gouffre.

 

Extrait de la nouvelle "Veuillez rejoindre la route en surbrillance", in TREIZE... ET AU-DELÀ.

 BONUS !

Au cœur du fantastique
TREIZE ET AU-DELÀ…

BONNES NOUVELLES D'OUTRE -PART !

 

« Quoi ? Un recueil de nouvelles ? Des nouvelles fantastiques ? Il est pas bien ce Chesneau ! Mais plus personne n'en édite des nouvelles, ça fait longtemps que ça se lit plus, les nouvelles, c'est casse-gueule ! Y a bien que sur France Inter qu'ils trouvent ça bien, les nouvelles ! T'aurais pas un bon polar bien sanguinolent avec quelques scènes à la Fifty, fifty, shade, enfin tu vois ce que je veux dire, un peu hard quoi ? Et puis 500 pages minimum, quitte à balancer le jus en caractères 14. Tiens, même l'éditeur de Stephen King il ose plus en publier des recueils de nouvelles… Oui, oui, il l'a fait, mais c'était y a longtemps, à l'époque où les éditeurs n'avaient pas été remplacés par des experts-comptables et des gestionnaires, en un temps ou un bouquin pouvait rester quelques mois sur les étagères des libraires ou les rayonnages des grandes surfaces avant de partir au pilon ! On est plus dans les années soixante ou soixante-dix de l'autre siècle ! C'est fini, ce temps là, mon vieux ! Des nouvelles, non et puis quoi encore ?
Avec des photos, en plus ? Non mais, l'autre ! Il se croit revenu au temps d'Hugo, non pas Victor, Hugo Gernsbach, le créateur américain de ces revues bon marché qui ont inondé les USA dans les années trente ! Weird Tales, Famous Fantastic Mysteries et compagnie… Des photos, en noir et blanc en plus ! Pourquoi pas des dessins à l'encre tant que tu y es, comme dans les anthologies du fantastique des éditions Marabout des années soixante ? Hein, pourquoi pas ? Y a plus que des baba cool un peu givrés pour collectionner ces trucs-là, et encore, c'est pour les couvertures suggestives, pas pour les textes qu'on y trouve !
Ça va jamais se vendre un recueil de nouvelles !
Un auteur français en plus… Pfffttt… Si encore t'avais pris un pseudo, je sais pas moi, John Duff , c'est bien, ça, John Duff, non ? Tiens, regarde, ton photographe, lui, il a su se trouver un bon pseudo, qui accroche, qui fait outre-Atlantique et Grand-Breton à la fois. Willy Mérour ! Ha ? C'est son vrai nom ? Non… On a pas idée quand même ??? Non, non, je dis pas, elles sont chouettes, très chouettes ses photos, à Willy Mérour, même si c'est du noir et blanc. Mais des nouvelles, tu te rends pas compte !
Comment ça s'appelle déjà ton bouquin ? TREIZE… ET AU-DELÀ ? Tu parles d'un titre… T'aurais dû appeler ça CRÉPUSCULE, ou un truc suggestif… Et c'est publié chez qui ? ELLA ÉDITIONS ! Courageux éditeur ! Publier un recueil de nouvelles fantastiques en 2016… Il a pas peur ! Ou alors, il a une idée derrière la tête. Quoi ? Tu peux répéter ? Non mais écoutez-moi ça, braves gens ! « La nouvelle est un art délicat, qui ne souffre pas d'imprécision ou de longueurs, qui doit se développer rapidement et nécessite une chute souvent vertigineuse ! Ce doit être un petit bijou de précision et d'écriture ! » Non, mais t'es allé pêcher ça où ? Ah, c'est de toi ? « Un petit bijou de précision et d'écriture ». Parce qu'en plus tu les trouves bonnes, tes nouvelles ? Très bonnes, même ? Ça va les chevilles ? Ben, je te dirais ça quand je les aurais lues. Si, si, je vais les lire, je te jure, maintenant que le bouquin est sorti. C'est vrai qu'elle est belle la couv'. Bon, elle est en noir et blanc, mais ça le fait ! Voyons voir la quatrième de couv'.

« TREIZE... ET AU-DELÀ est un recueil de treize (plus deux !) nouvelles noires et fantastiques qui prennent racine au cœur de nos angoisses les plus profondes.
Qu’elle ait pour cadre l’atmosphère ambrée des silos à grain beaucerons, un hôpital ultra-moderne, un champ de « pierres levées » ou les ruines gothiques d'un château médiéval, chaque histoire est liée à une autre par un fil parfois ténu : un événement dramatique,un personnage emporté par le tourbillon de ses actes, un banal objet du quotidien.
Un crash aérien impossible, un homme qui aimait trop les caves, un GPS diablement malin, des grosses pierres maléfiques, une vengeance d’outre-tombe, une mort qui n’en finit pas, une guerre à fleurets mouchetés dans une maison de retraite…
D’aucuns prétendront que ces histoires appartiennent au domaine du mythe et du fantasme.
Et pourtant, en y réfléchissant bien... Une série de nouvelles qui va "au-delà" d'un simple recueil puisque sa structure en fait une sorte de roman à clés. De ces clés ouvrant parfois des portes qui devraient rester fermées ! »

Hummm… m'ouais, ça donne envie. Je vais le lire. C'est vrai que ça peut être pratique, les nouvelles. C'est court. Ça se lit vite. Bon, je peux avoir une dédicace, quand même ?