L'Enfant du Vitrail, le secret de la crypte oubliée

Moi, c'est Ottavia !

Suis-je une héroïne ? A toi de me le dire...

En tout cas, depuis que je me suis blessée avec cet étrange vitrail médiéval, il m'en est arrivé des aventures ! Et si je te disais que mon meilleur ami a 700 ans de plus que moi ? Et que son père, talentueux maître-verrier, est accusé de sorcellerie ? 

Je vis non loin de Chartres et de sa célèbre cathédrale. Une vie paisible, bientôt bouleversée par mon indécrottable curiosité.

Une crypte oubliée, les vestiges d'une église fantôme, quelques bâtonnets d'encens, un squelette portant au doigt un anneau d'une facture plus que suspecte... Grâce à une magie ancestrale, difficile à maîtriser, je me suis retrouvée plongée au cœur du Moyen-Âge, de sa violence mais aussi de ses beautés.

Aymeric et moi n'aurons que peu de temps pour déjouer un complot diabolique... 

Mais qu'advient-il du présent quand on change le passé ?

 

L'ENFANT DU VITRAIL, LE SECRET DE LA CRYPTE OUBLIÉE par Éric Chesneau, ouvrage broché format in-8 (15 X 21 cm), publié par Ella-Éditions, 256 pages.

N°ISBN: 978-2-368-03-000-4.

 

18,00 €

  • 0,4 kg
  • disponible
  • 1 à 3 jours de délai de livraison1

L'ENFANT DU VITRAIL, L'EXTRAIT

 

 

C’est un cri de détresse qui me réveille !

-Kruiiiiiiik ! Kruiiiiiiiik ! Kruiiiiik !

Je suis en pleine forêt, je ne vois rien autour de moi, rien d’autre que de hautes fougères, bien plus hautes que moi, et des milliers de troncs d’arbres qui se dressent vers un ciel bouché par le feuillage. J’entends des craquements furieux, des piétinements, un souffle rauque, effrayant, et ces cris :

-Kruiiiik ! Kruiiiiik !

 

Toute la forêt paraît s’effondrer... Je ne sais pas si tu as déjà entendu un sanglier foncer au cœur de la forêt, mais c’est impressionnant, surtout quand tu ne le vois pas ! Le grondement de ses sabots, le choc de son corps contre tout obstacle, sa façon de renifler et, quand il est surpris ou est effrayé, ses couinements... Je t’assure, tu as envie de te cacher dans un terrier de lapin ! Moi, je me jette contre le tronc d’un chêne. Trop tard ! J’ai juste le temps d’apercevoir son groin, son petit œil rond, ses défenses impressionnantes... Il paraît aussi surpris que moi, marque un écart sur le côté (ce qui me sauve sans doute la vie quand j’y repense), me bouscule d’un coup d’épaule et continue sa course. Je suis projetée violemment contre le chêne et je m’apprête à pousser un de ces hurlements dont j’ai le secret quand d’autres bruits assèchent mes larmes à peine nées. D’autres bruits sourds qu’accompagnent le craquement des branches que l’on déchire, le bruissement des feuilles martyrisées, le cliquetis des armures, l’aboi des chiens en meute, les cris sauvages des hommes en chasse.

L’impression fulgurante de revivre le même cauchemar que la veille, mais d’un autre point de vue.

 

Dans un grondement apocalyptique, une douzaine de chiens suivis quelques secondes plus tard par une petite troupe d’hommes en armes défilent sous mes yeux...

Les couinements du sanglier, les hurlements des chiens et des hommes finissent par se perdre au loin tandis que le silence retombe sur la forêt.

 

J’aimerais bien me réveiller de ce nouveau cauchemar, mais rien n’y fait. J’en suis prisonnière et papa n’est pas là pour m’en délivrer...

J’ai très mal à la hanche, là où le sanglier m’a percutée.

Me remettre à la verticale attise la souffrance.

Je pleurerais bien mais il n’y a personne pour me consoler, me câliner, me cajoler.

Perte de temps.

Et puis, il ne s’agit là que d’un cauchemar, après tout.

Un cauchemar moins décousu que d’habitude, cependant, il y règne une certaine logique d’ordinaire absente dans les rêves. Quand je me redresse, le paysage reste le même ; et puis, il y a les odeurs, des odeurs de forêt, d’humus, de terre retournée, de genêts, la trille péremptoire d’un merle, le souffle du vent dans les branches...

Soudain, les poils se hérissent sur ma nuque.

Pour la seconde fois de la journée !

La désagréable sensation d’être observée.

C’est fréquent en forêt ou dans tout autre lieu qu’on ne connaît pas mais là, l’impression persiste !

Pourtant, j’ai beau balayer du regard tout mon environnement, je ne vois rien.

Normal...

L’observateur était juché sur une grosse branche, trois mètres au-dessus de moi, dans l’arbre sous lequel j’ai pris refuge !

Je pousse un cri quand il se laisse tomber à terre.