Aberfan Project, la prophétie de Chartres

Vous ne connaissez pas votre avenir ? Eux si !

Des rives de la Mer Morte aux sous-sols de Chartres en passant par la bibliothèque vaticane de 1900, l’incendie du Bazar de la Charité en 1897, les petites routes du Thymerais et les salons spirites du Paris de la Belle Epoque, ce roman « inspiré de faits réels qui ne se sont pas encore produits » plonge le lecteur sur les traces d’une organisation mystique utilisant tous les moyens pour infléchir l’avenir.

 

Tandis qu’un mystérieux tueur écume l’Eure-et-Loir, signant ses méfaits de romans mutilés de Jules Verne, un journaliste de la presse locale, son épouse photographe et leur petite fille vont être confrontés aux dangereux Apôtres de l’Apocalypse qui ont su rendre l’avenir… lucratif ! 

Un manuscrit prophétique, un planisphère inconcevable, la cathédrale Notre-Dame de Chartres, un livre maudit ouvrant sur d’autres mondes, les lames du tarot divinatoire, un vitrail dissimulant quelques larmes d’avenir, une Ami 8 cabossée, une abbaye abandonnée, la visite à Chartres du nouveau pape… et une écriture percutante, acérée, doublée souvent d’un humour très noir, sont au service de ce roman riche en énigmes, rebondissements, scènes d’action ou de réflexion et… révélations.

 

ABERFAN PROJECT, LA PROPHÉTIE DE CHARTRES par Éric Chesneau, ouvrage broché format in-8 (16 X 24 cm), publié par Ella-Éditions, 520 pages. N°ISBN: 978-2-36803-089-9.

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 ABERFAN PROJECT, LA PROPHÉTIE DE CHARTRES, L'EXTRAIT

 

           « C’est la luuute finaaale ! »

 La sonnerie du cellulaire de Joe résonne au sommet de ma montagne artificielle.

 L’homme a bondi, sans doute surpris, mais s’est très vite repris, braquant son arme dans ma direction. Plus le temps de cogiter ! D’une ultime poussée, d’un dernier halètement de douleur, je parviens à tirer la canalisation de sa gangue de terre. Je perçois un juron, puis un et deux coups de feu. Et un cri. Plutôt que de prendre les jambes à son cou, le bonhomme continue de me grêler de plomb. Un pro, pas de doute ! Je n’ai que le temps d’apercevoir l’énorme masse fondre sur le tireur et lui passer dessus avant d’aller s’écraser contre la cabane de bois dans un fracas infernal. Je reste allongé sur ma montagne de détritus urbains et ruraux quelques secondes puis me précipite vers le corps allongé. Ma course m’entraîne un peu plus loin que je ne le voudrais et je m’en vais rebondir, moi aussi, contre le baraquement à moitié défoncé par la canalisation.

 Le type paraît bien mort. Son visage n’est plus qu’une masse spongieuse et poisseuse, l’une de ses jambes est repliée sous lui dans un angle incongru. Je ne prends pas le temps de m’apitoyer. Peut-être n’est-il pas seul. Il m’avait semblé voir deux silhouettes à la lueur des flammes qui encadraient l’Ami 8 tout à l’heure.

 Je récupère l’arme que le cadavre tient encore entre ses doigts meurtris. Un pistolet automatique. Sans trop penser, je me livre également à une fouille rapide. Sans trouver de papiers, comme je m’y attendais. Je mets la main toutefois sur un minuscule téléphone cellulaire qui pourra se révéler précieux. S’il a survécu au choc ! Ragaillardi à l’idée d’avancer désormais armé, même si j’ignore tout du maniement d’un automatique, je contourne lentement le baraquement, longe à pas lent les véhicules immobilisés, me glisse dans l’espace compris entre la grille du chantier et le talus qui fait office d’enceinte. Et tombe sur le quatre-quatre. Silencieux, sagement garé sur le bord de la route. Au loin, les lueurs jaune et orange de l’incendie ont fait place à celles, plus froides, plus lancinantes, plus autoritaires aussi, des gyrophares.

 Je dois foncer récupérer Joe.

 Nous devons prendre le large au plus vite.

 Pour aller où ?

 J’ai ma petite idée.

 Je jette un coup d’œil sur le téléphone de Joe. Un appel manqué. Tonton ! Un tonton qui téléphone à sa nièce en pleine nuit ? Givré le tonton…

 L’impressionnant véhicule glisse dans le noir. Je ne croise pas un pékin jusqu’au Mage où je tourne à droite, accélère. Vision fugitive d’un renard en chasse, ébloui par l’halogène des phares. La campagne défile, silencieuse, derrière le pare-brise. Autre vision nocturne révélée par les phares : un gang de mémés aux cheveux blancs entassées dans une Austin mini new-look.

 Dans ma tête défilent des images.

 Peu réjouissantes.

 Dans un vrombissement que je ne parviens pas à maîtriser, l’énorme quatre-quatre taillé pour la savane africaine franchit le portail de la fermette du Tonton. Une explosion de gravillons et de plantes en pots, puis je pile devant la porte qui s’ouvre sur une Joe arborant l’air affolé d’un mulot unipattiste poursuivi par un chat-huant. Je pressens le malheur.

 - Qu’est-ce qui se passe ?